19 janvier 2008

l'Abbaye cistercienne de l'Epau

                                                                                                                                                                                                     

    Les     abbayes cisterciennes étaient nombreuses dans le département de la Sarthe aux 12eme et     13eme siècles: La Virginité (1220) -     Perseigne (1145) -         Tyronneau (ou     Thironneau ou Tironneau 1149) - Bonlieu (1219) - Champagne (1188).
   
   






C'est à quelques kilomètres du Mans (à     Yvré l'évêque) que se situe l'Abbaye cistercienne de la Piété-Dieu, connue     sous le nom de l'Epau, dans un immense parc de 13 hectares. Elle fut fondée     en mars 1229 par la reine Bérengère ( Le fils d'Henri II, Richard     Auguste Coeur de Lion se maria dans l'Ile de Chypre à Bérengère, princesse     de Navarre. ), épouse ( veuve en     1204 ) de Richard Cœur de Lion et Comtesse Douairière du Maine,     qui voulait y être ensevelie. Un peu plus d'un siècle plus tard, durant la     guerre de Cent Ans, les Manceaux ruinèrent l'abbaye pour empêcher les     Anglais de s'y installer. Elle ne fut reconstruite que partiellement au     XVème siècle.
   
    A la révolution elle fut transformée en une exploitation agricole après     avoir été confisquée en bien national le Département de la Sarthe l'a     rachetée en 1959, à l'abandon. Grâce à d'importants travaux, elle a gardé sa     pureté architecturale.

   

Actuellement, elle sert pour des     réunions du conseil général ou autre et permet d'importantes manifestations     culturelles.

   
   

   
    Cliquez sur     les photos ci-dessus pour les agrandir, retour par votre navigateur

 

   

   
        La reine Bérengère de Navarre (     née en Espagne vers 1170. Son pére Sanche VI surnommé     "Sanche le sage" est alors roi de Navarre     ),     épouse de Richard Cœur de Lion ( inhumé dans l'Abbaye de     Fontevrault ) et elle est aussi Comtesse Douairière du     Maine. Sa mère était Aliénor d'Aquitaine, décédée en 1204.

    Elle eut un fils de Richard:
   
Philippe D'ANGLETERRE est né en 118?. Il est décédé NC. Philippe a     épousé Amélie DE COGNAC.

   

   

   

   
    Plaque sur sa poitrine

   

   

   

Sculptures aux pieds de Bérengère

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   
    le logis des hôtes. C'est là que l'on recevait les hôtes     de passage, pèlerins...

   

   

   

   

   

   

   

   

   

Ci-dessus sculptures des différents chapiteaux

   

   
    Statue du XVII ème

   

   

   

   

   

   

   

Ci-dessus, clefs de voûte dans l'église     abattiale

   

Clocheton

   

   
    Salle capitulaire ( XIIIème siècle )

   

   
    Peinture murale dans le dortoir

   

   
    L'église Abbatiale ( Consacrée vers 1234 par Geoffroy de     Laval (43eme évêque du Mans),

   

   

   

   

   

   
    Le logis abbatial

   

   

   

   

   

   

   

   

   
    La rosace

   

   


A propos de Richard Coeur de Lion:

Salué pour sa bravoure, ses qualités de chevalier et de poète, Richard Cœur de Lion a lié son destin à celui de l'histoire de France.

Richard naquit à Oxford, probablement au palais de Beaumont, dans la nuit du 8 septembre 1157 (Troisième fils d' Henry II).

Son père Henry II, Roi d'Angleterre, Duc de Normandie, Comte d'Anjou et, par son mariage, Duc d'Aquitaine, est à la tête d'un empire qui s'étend des frontières écossaises aux Pyrénées.

Sa mère, Aliénor d'Aquitaine, épouse d'Henry II en secondes noces, est l'être le plus fascinant du couple royal. La succession au trône est totalement assurée avec Henry le Jeune, le frère aîné de 3 ans, et Richard. Elle aura encore deux autres fils, Geoffroy et, le dernier, Jean, né en 1167.

Le centre de l'empire était l'Anjou. Henry II, né au Mans, est mort à Chinon et a été inhumé à Fontevrault. Aussi Richard ne grandit pas en Angleterre, mais il n'est pas non plus élevé à la cour de son père.
En effet, après la naissance de Jean, en 1167, Henry et Aliénor, vivent séparément. Aliénor établit sa cour sur ses terres à Poitiers et à Limoges, une des capitales traditionnelles des ducs d'Aquitaine .
Il vit entouré d'une cour raffinée où se côtoient les plus fins lettrés, les troubadours les plus célèbres et les meilleurs musiciens. Aliénor hante les rêves des poètes et des compositeurs :


Sceau de Richard

Richard est élevé comme un grand seigneur, les jeux de l'esprit lui sont familiers, il écrit les langues d'oc et d'oil (le français et le limousin), et parle si bien le Latin qu'il peut faire des plaisanteries latines aux dépens de l'Archevêque de Canterbury, moins instruit. Mais il s'initie aussi aux disciplines de la chevalerie, monter et combattre à cheval, et à l'art de la guerre en participant aux tournois.
En mars 1173, à Limoges, Henry II convoque ses barons en assemblée et, là, coup de théâtre, Henri le Jeune, frère aîné de Richard, se dresse contre l'autorité paternelle.

Quelques jours plus tard, avec Richard et Geoffroy, il se retrouve à la cour de Louis VII, roi de France, à Paris. Les trois frères font prendre les armes à tous les barons du Poitou et de l'Aquitaine contre leur père. Une année riche en événements se déroule. Mais Henri II est le plus fort. Le 8 juillet 1174, Aliénor qui tentait de rejoindre ses fils, est arrêtée par une patrouille d'Henri. Elle restera prisonnière de son époux jusqu'à la fin de son règne.
Le 30 septembre, les enfants rebelles se soumettent. Là, le caractère déroutant de la personnalité de Richard se révèle. Alors qu'il avait soulevé l'ensemble des grands feudataires poitevins et aquitains contre Henry II, il va devenir leur principal adversaire, pour, désormais allié de son père, les faire rentrer dans l'ordre "Plantagenêt".

C'est dans cette guerre, qu'il développe d'étonnants talents de stratège et de meneur d'hommes. En 1177, il écrase la révolte des Barons, en écrasant les mercenaires brabançons à Barbezieux (Charente), et en emportant de haute lutte le Château de Limoges. A la même époque, il fait prisonniers 2500 routiers qui mettaient à sac le Limousin et les mène à Aixe-sur-Vienne, près de Limoges.
Là, il fait couper la tête à un tiers d'entre eux. Le second tiers est noyé dans la Vienne et on perce les yeux du dernier tiers. Ces hommes sont ensuite dispersés sur les routes, pour proclamer la grandeur de la sévère justice de Richard. C'est à cette époque que Bertran de Born, le surnommera "oc et no" (oui et non) soulignant cette capacité à prendre d'un jour à l'autre des décisions contraires.


Tombeau d'Henri II et d'Aliénor dans l'abbaye de Fontevrault

En juin 1183, une soudaine attaque de dysenterie, change sa situation. Son frère aîné Henri le Jeune, âgé de 27 ans, meurt. Richard devient héritier du trône d'Angleterre. En 1184, Richard croise le fer pour la première fois avec l'homme qui deviendra le plus sûr allié de Philippe Auguste, Jean, le cadet des frères angevins. Henry II avait espéré que Richard laisserait l'Aquitaine à Jean. Mais Richard a refusé car il avait passé son enfance et son adolescence en Aquitaine, soumettant la province à sa volonté et n'était pas prêt à l'abandonner.

                       
   

   

   

   

Aliénor et     Louis VII (Miniature XIVème)Sceau     d'Aliénor

Richard garda son duché et Jean devint "Jean sans Terre". Le 6 juillet 1189, à Chinon, Henry II meurt. Le 20 juillet Richard est investi du duché de Normandie, et le 3 septembre, à Westminster, il est couronné Roi d'Angleterre. Aliénor triomphe.
Le 11 décembre, il s'embarque pour la croisade et rencontre Philippe Auguste quelques jours plus tard pour organiser le départ. Le 7 août 1190, il quitte Marseille et, le 24 septembre, atteint Messine, en Sicile, où Philippe l'a précédé.

Richard et Philippe se rencontrent, l'atmosphère semble chaleureuse.
Les vents défavorables ne permettent pas de lever l'ancre pour la Terre Sainte et le séjour sicilien se prolonge. Le 2 Février 1191 une violente altercation oppose les deux rois. Jeanne, la sœur de Richard, jeune et très désirable veuve de Guillaume de Sicile, enflamme le cœur du roi de France. Richard ne le tolère pas. Les brouilles se développent et s'amplifient tout au long de ce séjour forcé. Enfin le 30 Mars Philippe Auguste quitte Messine le jour même où Aliénor y arrive accompagnée de Bérengère de Navarre, fille du roi Sanche, future épouse de Richard.

En Avril 1191, Richard s'embarque avec Bérengère. Ils abordent en Crète et le 9 Mai ils sont à Chypre où, le 12 Mai lors de leur mariage au château de Limassol, Bérengère est couronnée reine d'Angleterre.
Richard se rend maître de l'île et, le 5 Juin, appareille pour Saint Jean d'Acre laissant le pouvoir à deux chevaliers chargés d'administrer Chypre en son nom.
Le 12 Juillet, les musulmans qui défendaient Acre se rendent et les Croisés y font avec Richard une entrée triomphale. Mais les intrigues se nouent, les jalousies s'exacerbent et Philippe Auguste annonce son départ.
Lusignan et Montferrat s'opposent sur la dévolution du Royaume de Jérusalem. Le 20 Août alors qu'une entrevue est fixée entre les Croisés et les émissaires de Saladin pour un échange de prisonniers et la reddition de la vraie Croix, Richard exaspéré par le retard des musulmans fait exécuter les 2700 captifs.
En Septembre, Richard bat Saladin à Arsouf. Il reprend contact avec l'ennemi et lors d'une très cordiale entrevue avec Malik el Adil, frère de Saladin, il lui propose d'épouser sa soeur, la belle Jeanne. Ainsi serait définitivement résolu le problème des Lieux Saints? le prince musulman et l'ex-reine de Sicile règneraient sur la région côtière en résidant à Jérusalem. Les chrétiens continueraient à dire la messe au Saint Sépulcre alors que les musulmans prieraient dans leurs mosquées.
Ce projet n'aboutit pas. Richard installe Gui de Lusignan comme roi de Chypre, bat Saladin devant Jaffa après avoir renoncé à marcher sur Jérusalem. Le 2 Septembre est conclu le traité de Jaffa entre les deux héros de la troisième croisade , Richard et Saladin. Désormais les Chrétiens peuvent librement se rendre en pèlerinage sur tous les Lieux Saints et un état Franc est créé s'étendant de Tyr à Jaffa.

L'heure est maintenant au retour car, malgré la vigilance d'Aliénor, les barons Aquitains et Poitevins encouragés par le Roi de France s'agitent et Jean sans Terre prend goût au pouvoir.
Le 9 Octobre 1192, Richard s'embarque à Chypre. Après une navigation chaotique qui l'amène à rebrousser chemin de Marseille à Corfou puis Raguse où il débarque avec une poignée de compagnons. Hélas il est sur les terres de son ennemi le plus irréductible, Léopold, duc d'Autriche.
Ce dernier est prévenu et Richard est arrêté sans aucun ménagement et jeté dans un cul de basse fosse comme un vulgaire bandit de grand chemin.

Au bout de quelques mois de ce régime particulièrement sévère il est transféré de Durnstein à Trifels sur les terres de l'Empereur Henri VI. L'Europe entière est au courant au grand scandale de la papauté qui voit d'un très mauvais oeil un croisé être emprisonné par des Chrétiens. Mais rien n'y fait, d'ailleurs l'ensemble des souverains voilent à peine leur satisfaction de voir enfin Richard neutralisé.
Seule Aliénor se démène et négocie la rançon de son fils qu'elle apporte elle-même à l'Empereur à Cologne. Le 2 Février 1194, Richard est enfin libéré

Le 13 Mars 1194, Richard est en Angleterre où il remet de l'ordre dans le royaume, puis passe en Normandie et en Aquitaine où il arrête  les visées de Philippe Auguste sur ses possessions continentales. Le 13 Janvier 1199 une trêve de 5 ans est conclue entre les deux rois, Richard est enfin libre de régler certains comptes restés en suspens. Celui qui est particulièrement visé s'appelle Adhémar.
Il est vicomte de Limoges et fut l'un des moins zélés de ses vassaux à participer à la collecte de sa rançon et aussi l'un des moins fidèles puisque aujourd'hui encore les archives de France conservent le traité secret de l'alliance du vicomte avec le roi de France contre son suzerain de droit : Richard.
L'heure avait sonné de mettre son vassal au pas. La légende dit qu'on avait trouvé à Châlus un fabuleux trésor de 12 statues d'or et que Richard vint sur place pour revendiquer cette fabuleuse découverte. La vérité est beaucoup plus simple: Adhémar doit être châtié et le château de Châlus est le verrou qui donne accès à Limoges. D'autre part, à moins de 15 kilomètres de Chalard, se trouvent les plus importantes mines d'or de France, encore exploitées aujourd'hui. Le vicomte de Limoges devait sans doute soigneusement oublier de remettre à son suzerain son dû.
Il faut peut-être voir là l'origine de la légende. Quoiqu'il en fut, Richard, accompagné du sinistre Mercadier son routier et chef de guerre favori, arrive avec une centaine d'hommes pour prendre Châlus le 25 Mars 1199. Dés le lendemain, il repère les lieux. L'ensemble de la garnison, une poignée d'hommes d'armes et leur famille, trente à trente cinq personnes, se réfugient dans le grand donjon cylindrique. Ils craignent pour leur vie d'autant plus que Richard et Mercadier ont proclamé haut et fort qu'il n'y aurait pas de quartier pour ces félons. Ils savent qu'ils ne seront pas secourus, ils savent aussi qu'on ne se rebelle pas contre son suzerain. Ils sont dans le plus total désespoir. Un des chevaliers barricadés dans ce formidable donjon a une arbalète. Son nom est Pierre Basile. Il voit à ses pieds un petit groupe de cavaliers.
Exaspéré, et pour les faire fuir, sans même viser, il lâche son trait d'arbalète, le carreau vole et vient se figer à la base du cou d'un des cavaliers qui se dresse fièrement sur ses étriers pour complimenter le tireur sur son adresse. Richard était atteint, il descend de cheval, s'assoit sur un rocher pour qu'on examine la blessure et, persuadé de sa bénignité, revient à son camp. Mais on ne peut extraire le fer,
l'infection gagne, Richard comprend que sa fin est proche. Il pardonne aux défenseurs de Châlus et à Pierre Basile en particulier à qui il lègue une somme d'argent.
Sa mère bien aimée, Aliénor, accourt de Fontevrault pour recueillir les dernières volontés de son fils "Que mon corps soit enterré à Fontevrault, mon cœur dans ma cathédrale de Rouen, quant à mes entrailles qu'elles restent à Châlus".


Tombeau du "Coeur" de Richard dans la cathédrale de Rouen

Ainsi mourut à Châlus en Limousin le plus emblématique roi du Moyen- Age.
Le Limousin et l'Aquitaine venaient de perdre l'un des leurs, qui maniait si magnifiquement la langue d'Oc qu'il était devenu l'égal par son talent des plus grands troubadours. Le défenseur des Arts, le musicien, le parfait chevalier n'était plus, avec lui s'achevait ce douzième siècle glorieux dont on allait, des siècles durant, regretter la fin.

Ce Plantagenêt ne passa jamais une année entière en Angleterre,  ne parlait pas un traître mot d'anglais.


A propos d'Aliénor d'Aquitaine:

  • Duchesse d'Aquitaine (1137-1204)
  • Fille du duc Guillaume X
  • Epouse     Louis VII   (1137)
  • Reine de France (1137-52)
  • Voit son mariage annulé par le concile de   Beaugency (1152)
  • Se remarie avec Henri Plantagenêt
  • Reine d'Angleterre (1154-89)
  • Régente en l'absence de son fils Richard   Coeur-de-Lion

Epousée à 13 ans par Louis VII qui semble en être fortement épris, elle se satisfait peu de son mari. Lorsque celui-ci l'emmène dans sa deuxième croisade, elle demande en chemin le divorce . Si le motif prétexté est communément admis, le fait que la demande soit à l'initiative d'une femme est un scandale. On l'accuse d'avoir causé l'échec de la croisade, la présence de femmes étant perturbante pour les combattants . Sur le chemin du retour, le pape Eugène Il tente de réconcilier les époux et les remarie. Trois ans plus tard, Aliénor obtient le divorce. Louis VII s'est résigné à la perdre, la croyant incapable de donner un héritier mâle. Elle épouse aussitôt Henri Plantagenêt , lui apportant ainsi l'Aquitaine, après avoir évité deux tentatives d'enlèvement sur le chemin qui la ramenait à Poitiers. Les époux transgressent ainsi deux interdictions : d'une part, il y a entre eux le même lien de consanguinité qu'entre Aliénor et Louis ; d'autre part, Aliénor aurait connu le père d'Henri . Henri se préoccupe peu de sa femme. C'est pourquoi celle-ci, à la recherche d'un plus grand pouvoir, offre son appui à ses fils lorsque ceux-ci se révoltent contre un père qui tarde à mourir : cette insoumission de la femme à son mari constitue un second scandale. La révolte matée, Aliénor (capturée alors qu'elle était habillée en homme) est maintenue prisonnière jusqu'à la mort de son mari en 1189. Elle passe ses derniers jours au monastère de Fontevrault. Légende dès son vivant, elle est généralement présentée comme une putain perverse, un instrument du diable. Elle a subi le sort de toutes les femmes à la tête d'un domaine intéressant : épousée pour donner rapidement des héritiers mâles. Ce qui la distingue, c'est qu'elle a tenté de secouer le joug, sans que cela lui soit réellement profitable.

Aliénor ou Eléonore d'Aquitaine (Autre source) (1122-Fontevrault, 1204)

Elle est la fille et héritière de Guillaume X, dernier duc d'Aquitaine. Elle deviendra duchesse à la mort de son père en 1137, la même année elle épousa à l'âge de 15 ans le futur roi de France Louis VII auquel elle apporta le duché d'Aquitaine (qui resta cependant distinct du domaine royal malgré les attentes des conseillers du roi qui, comme Suger, avaient envisagé une assimilation rapide de cette principauté au royaume.). Elle va accompagner son époux à la deuxième croisade (1147-1149) et fit scandale en raison de son infidélité (avec son propre oncle Raimond de Poitiers, prince d'Antioche. C'est ce qui poussa Louis VII à ne pas mener une expédition contre Edesse qui aurait soulagé la principauté d'Antioche, ce fut lourd de conséquences puisqu'il aurait pu ainsi lever le principal danger qui pesait sur la Terre sainte et qu'il ne le fit pas). Louis demanda le divorce (il ne pouvait faire autrement, ridiculisé qu'il était par les flirtes de sa femme avec Henri Plantagenêt) et l'obtint.
Aliénor se remaria avec Henri, alors comte d'Anjou et duc de Normandie. (Il deviendra roi d'Angleterre en 1154 sous le nom d'Henri II).
Le domaine d'Aquitaine passait donc sous la domination des Plantagenêt, Aliénor, peu attachée à son mari continua d'administrer le duché (elle maintenait une cour brillante à Poitiers).
Lorsque leurs fils se soulevèrent contre leur père ( tantôt Richard cœur de Lion, tantôt Jean sans Terre ) elle prit parti pour eux. Henri II la fit emprisonner dans un couvent dont elle ne sortit que lorsque Richard devint roi (en 1189), son fils lui confia le gouvernement lorsqu'il partit pour la troisième croisade (1190). Elle joua aussi un rôle prédominant dans l'avènement de Jean sans Terre en 1199 (malgré les droits éventuels d'Arthur de Bretagne, fils de son fils aîné). Elle dirigea ensuite la résistance royale contre la rébellion des grands feudataires du duché, que soutenait Philippe Auguste. Malgré son âge, elle déploya une remarquable énergie dans les derniers soubresauts de l'indépendance aquitaine, qui disparut peu après sa mort (elle mourut en l'abbaye de Fontevrault où se trouve encore son tombeau), grâce à l'habileté de Philippe Auguste qui exploita les erreurs politiques de Jean sans Terre.

Aliénor d'Aquitaine (1122-1204) (Autre source)

Dans la magnifique abbatiale de Fontevrault (Maine-et-Loire) se trouve le gisant d'Aliénor d'Aquitaine au milieu des Plantagenêt (Henri II, Richard Cœur de Lion et Isabelle d'Angoulême). Sereine, elle semble reposer dans une de ses activités préférées, un livre à la main. Une guimpe seyante entoure le visage jeune, aux traits fins, à l'expression altière.

Aliénor, fille aînée du duc Guillaume X d'Aquitaine, était une des plus belles et des plus riches héritières d'Occident. Sa longue vie ressemble à une histoire de cape et d'épée: elle chevauche en Orient contre les Infidèles, elle est célébrée par les plus grands troubadours de son temps. Reine de France et d'Angleterre, mère de deux rois et de deux reines, elle est passionnée de politique et joue un rôle considérable dans le développement de la courtoisie.

Une fille du soleil dans les brumes du nord

En 1137, à Bordeaux, elle épouse à son avènement Louis VII, roi de France. Elle n'est âgée que de quinze ans mais elle est déjà sûre d'elle, coquette et sensuelle, habituée à la vie facile des cours languedociennes, et aime la société des poètes et troubadours. Son époux, quant à lui, est un garçon chétif de dix-sept ans, à la nature pieuse, dont le grand plaisir est d'assister à la messe et de chanter au lutrin.

Cette fille du soleil qui aime chanter des ballades en s'accompagnant de sa viole a du mal à s'habituer au sombre palais de la Cité, à Paris. En 1147, Louis VII se décide à prendre part à la deuxième croisade. Sa femme Aliénor l'avait convaincu de la laisser l'accompagner dans cette aventure.

De la cour de France à celle d'Angleterre

Mais la jeune épouse sensuelle, au sourire enchanteur, aux yeux ardents, habillée à la dernière mode, ne tarde pas à défrayer la chronique par ses frasques sentimentales. Jaloux, Louis VII entend l'emmener à Jérusalem pour mieux la surveiller. Pour le retour en France, ils font bateau à part.

Durant l'été 1151, les événements à la cour de France avaient pris un tour dramatique lors qu'Aliénor avait fait la connaissance d'Henri Plantagenêt, duc de Normandie, le jeune fils du comte Geoffroy d'Anjou. Il est de quinze ans plus jeune qu'elle.

Sous prétexte de consanguinité, le roi Louis VII demande l'annulation de son mariage en 1152. Cette séparation du couple royal va mettre pendant des siècles le royaume de France en péril. La même année, Aliénor épouse Henri Plantagenêt, réunissant aux domaines anglais les vastes territoires du sud-ouest de la France, dot d'Aliénor que son ex-époux doit lui restituer.

Quand Henri devient roi d'Angleterre en 1154, sous le nom de Henri II, Aliénor est une reine brillante et remarquée. Les deux époux, forces de la nature, semblent faits l'un pour l'autre. Mais la haine succède rapidement à l'amour. En particulier, Aliénor déteste Rosamond, la Rose du monde que le roi ose exhiber dans son palais. Elle cherche alors à se venger de lui en fomentant des complots contre cet époux volage en dressant ses fils contre lui, et surtout son favori, Richard Cœur de Lion.

Reine des troubadours

En 1170, elle abandonne la cour d'Angleterre dont l'atmosphère est empoisonnée par cette liaison humiliante, et se réfugie à Poitiers au cœur de ses domaines. Là, elle est reine d'une autre cour, dominant érudits et troubadours, artistes et musiciens. Sa fille Marie, comtesse de Champagne à qui la lie une forte sympathie, préside avec elle les festivités, les splendides tournois, les soirées musicales et les cours d'amour. Ensemble, elles créent une mode, un code de civilité dans le cadre de l'amour courtois.

Mais Henri II réussit à la faire saisir par ses hommes, et la retient captive en Angleterre pendant plus de quinze ans. Aliénor ne recouvre sa liberté qu'après la mort du roi en 1189.

Toujours intrigante et active, elle prend le parti de Richard Cœur de Lion contre son frère cadet Jean sans Terre et, durant la captivité du premier, galvanise les Anglais dans leur résistance au roi de France, Philippe Auguste. Après la mort de Richard en 1199, elle soutient la candidature de Jean sans Terre au trône d'Angleterre.

A l'âge de quatre-vingts ans, elle organise encore la défense du château de Mirebeau, avant de connaître finalement la quiétude sous les voûtes de l'abbaye de Fontevrault, qu'elle avait contribué à enrichir. C'est en ces lieux qu'elle meurt en 1204 à l'âge de 82 ans.

Posté par SicLuceat à 19:36 - - Permalien [#]